🗳️ L'Initiative Citoyenne Remontante (I.C.R.)
Le R.I.C. descend d'une question posée au peuple. L'I.C.R. monte : elle part d'une préoccupation vécue dans une commune, la structure, la fait grandir par capillarité, et n'atteint le national que si elle a survécu à chaque étage. C'est la mécanique centrale de La Commune Légiférante — et La Commune 2.0 en est le banc d'essai.
Pourquoi I.C.R., et non R.I.C.
Le sigle est notre marque de fabrique, et il est choisi contre un autre : le R.I.C., le référendum d'initiative citoyenne popularisé par Étienne Chouard et repris par le mouvement des Gilets jaunes.
Nous en gardons l'initiative citoyenne — l'idée que le peuple puisse mettre lui-même une question sur la table, sans attendre qu'on la lui pose. Nous en refusons le référendum.
Un référendum national se gagne dans les médias, et les médias ne sont pas répartis comme les électeurs. Donner à un peuple le droit de trancher par oui ou non, dans un espace d'information tenu par quelques propriétaires, ce n'est pas lui donner le pouvoir : c'est donner à ceux qui tiennent l'information le pouvoir de fabriquer sa réponse. L'outil a l'air démocratique et fonctionne comme un amplificateur — il rend décisif celui qui parle le plus fort.
D'où le renversement, qui est tout notre propos : par le bas (le local) plutôt que par le haut (le référendum national). Une question qui monte d'une commune a été discutée par des gens qui se connaissent bien avant d'atteindre l'échelle où la propagande devient rentable. À chaque étage, il faut convaincre des pairs, et pas une audience, et les convaincre en nombre suffisant. La montée elle-même est le filtre — et c'est un filtre que le temps d'antenne n'achète pas.
Nous désactivons ce qui inquiète dans le R.I.C., et nous gardons l'initiative citoyenne. Ce n'est pas un procès fait à ceux qui le défendent : le désaccord porte sur l'ordre des opérations, pas sur l'intention. Le référendum reste ce qui tranche ; l'I.C.R. est ce qui l'amène — et ce qui décide s'il mérite d'exister.
C'est la raison d'être de tout ce qui suit : les étapes, les seuils, la capillarité ne sont pas une lourdeur administrative, ce sont le filtre. Toute simplification qui raccourcirait la montée détruirait ce à quoi elle sert — voir le modèle national, premier point.
1. Le RIC-ICR 🎬 schéma test dans C2.0
Avant toute réforme, on éprouve la mécanique en vraie grandeur, sans valeur légale : dans la campagne Communes de France, les Centuries déposent des propositions, l'opinion certifiée se récolte, les formulations se regroupent, les résultats s'affichent. Consultation indicative — jamais un référendum au sens du code général des collectivités territoriales.
Objectif du test : mesurer les seuils réels (combien de signatures pour qu'une idée monte ?), éprouver l'anonymat vérifié, et donner aux mairies volontaires une expérience concrète avant d'en discuter la portée.
2. Définitions
3. Les étapes de l'I.C.R.
- L'émergence. Un citoyen dépose une préoccupation dans sa Centurie (100 personnes). Discussion outillée : Doctrino structure, AutoPN signale les sophismes, la bibliographie vient sourcer.
- La récolte d'opinions. Appel à l'opinion certifiée sur le sujet : chacun écrit librement, en anonyme vérifié.
- Le découpage et le regroupement. Les opinions sont découpées en blocs sémantiques, puis rapprochées par ressemblance — des nuages de paquets apparaissent.
- Les formulations globales. À chaque paquet, une formulation claire est proposée, puis validée par ceux qu'elle représente.
- La montée en ACC. L'Assemblée Citoyenne Communale (jusqu'à 10 000) se prononce : seuils de quorum et d'adhésion à franchir.
- La circonscription (CEC). Les Émissaires portent le dossier devant le Conseil des Émissaires de Circonscription — 100 à 120 émissaires autour du député, qui votent avec son conseil.
- La contradiction obligatoire. Experts, juristes, associations et forces politiques produisent des contributions signées, à plusieurs niveaux de lisibilité ; les désaccords académiques sont affichés, pas gommés. Veto de report possible.
- La reformulation officielle. Le texte devient juridiquement exploitable sans trahir le fond — puis remonte au national.
- Le R.I.C. Vote final, sur une question mûrie, comprise et contredite. Double matérialité : numérique et papier en mairie.
4. Contexte et types de suffrages
| Type | Ce qu'il mesure | Effet |
|---|---|---|
| Sondage spontané | L'humeur d'une Centurie ou d'une ACC sur un sujet naissant | Aucun — il oriente le travail |
| Opinion certifiée | Ce que les citoyens vérifiés écrivent vraiment, découpé et regroupé | Fabrique les formulations |
| Vote d'adhésion | Le soutien à une formulation précise | Fait franchir un échelon (seuils) |
| Vote de priorité | L'ordre d'importance entre plusieurs dossiers mûrs | Fixe l'ordre du jour |
| Consultation communale | L'avis des habitants d'une commune | Indicatif — peut ajouter un point à l'ordre du jour du conseil |
| R.I.C. | La décision | Contraignant, dans le cadre constitutionnel à conquérir |
Les cas isolés ne sont pas perdus : une commune où un sujet atteint une intensité exceptionnelle, ou un semis de communes éparses partageant un même problème fort, déclenchent une considération nationale même sans masse.
5. L'identité anonymisée à scellé communal
Le principe : pas de FranceConnect au-delà de l'unicité, pas de centralisation. L'identité est confiée à la commune ; la clé est générée par le citoyen ; personne, ni nous ni la mairie, ne peut relier un compte à un nom sans l'ouverture d'un scellé décidée par un juge.
Les trois identifiants
| Identifiant | Qui le détient | À quoi il sert |
|---|---|---|
| ID C2.0 | Le citoyen (clé générée chez lui) | Son compte, ses écrits, ses groupes |
| ID anonymisé certifié | La mairie, sous scellé | Prouve : unique, français, majeur — sans dire qui |
| Token-Vote | La mairie l'émet, le citoyen l'utilise | Une voix, un scrutin, aucune trace de qui |
Le parcours
La conservation : NAS, disque, coffre
- Entre deux cérémonies, les scellés dorment chiffrés sur le NAS de la mairie — rien d'exploitable en cas de vol.
- Chaque mois, le lot est écrit sur un disque dur dédié, par groupe de 10 000 (une ACC = un lot), et son empreinte est publiée : plus personne ne peut modifier le passé sans que ça se voie.
- Chaque trimestre, cérémonie publique : le comité électoral rejoint le conseil municipal, le disque est porté au coffre, l'opération est inscrite au procès-verbal. Double matérialité : le numérique scelle, le papier atteste.
- L'ouverture du coffre ne se fait que sur réquisition écrite d'un juge ou d'un procureur, consignée, en présence de témoins tirés au sort — et ne révèle que l'identité derrière des propos, jamais un vote.
6. Modèle d'organisation politique
Une seule échelle, calquée sur le pays : Centurie → ACC → Circonscription → Département → Région → Pays.
Communes de France (citoyen)
- Fondateurs : Owner > admins > SG.
- Membres : membre < équipe < Centurie (Centurin·e) < Myriade = Rep (ACC) < Émissaires thématiques plébiscités auprès du député.
Partis & mouvements
- Fondateurs : Owner > admins > SG → Émissaires du groupe Fondateur.
- Membres : membre < équipe < Centurie (Centurin·e) < Myriade = Référent < Référent-Émissaires thématiques, plébiscités selon l'ordre du jour.
- Émissaires fondateurs + Émissaires référents = Bureau politique. Les comptes rendus vivent au QG Référents.
Aux échelons supérieurs : le CDR (Conseil Départemental des Représentants — un représentant pour 10 000 habitants, 20 000 en agglomération) et le CEC (Conseil des Émissaires de Circonscription — 100 à 120 émissaires autour du député). Voir Communes de France.
7. Modèle R.I.C. / I.C.R. national
- Rien ne se déclenche d'en haut. Aucune question ne devient nationale sans avoir franchi les étages — c'est la garantie contre l'opinion nationale fabriquée en vingt-quatre heures.
- La capillarité vaut preuve. Une idée qui survit à plusieurs traductions et à plusieurs assemblées a démontré sa solidité mieux que n'importe quel sondage.
- La compétence retarde, le peuple tranche. Le veto de report force la pédagogie ; il ne confisque jamais la décision.
- Les légitimités sont pondérées, pas hiérarchisées : proximité, compétence, enquête, recul et expérience comptent chacune pour ce qu'elles apportent.
- Le papier reste : toute étape critique a son équivalent en mairie, auditable hors système.
- L'outil appartient à ceux qui votent : licence à vie aux communes, puis aux ACC ; modules de vote open-source, déployés en mairie, sur leur propre base de données.
Le détail doctrinal — capillarité, seuils, experts, pondérations — est développé dans les Ateliers et les Principes.